Connaître votre marque : pourquoi et comment ?

Ce que la baisse de performance révèle vraiment

Un signal faible devenu structurel

La portée LinkedIn a chuté jusqu’à 50 % en un an. Et pourtant, aujourd’hui, tout le monde poste plus que jamais.

Ce constat, désormais largement partagé, s’appuie sur plusieurs tendances convergentes :

• une baisse de portée organique pouvant atteindre moins 50 %,
• un taux d’engagement passé sous les 2 %,
• une diminution moyenne du reach de l’ordre de moins 30 à moins 40 %,
• une augmentation continue du volume de contenus publiés.

Ces chiffres, signe d’une dégringolade, traduisent une transformation profonde.

D’un réseau d’opportunités à un environnement saturé

LinkedIn a changé de nature. Le média social des pros qui était un espace d’expression encore relativement ouvert, est devenu un environnement dense, concurrentiel, où chaque prise de parole entre en compétition.

La visibilité n’est donc plus un acquis et semble devenir aléatoire.

La saturation… et son effet invisible

La première lecture est évidente : trop de contenu. Mais le véritable effet de cette saturation réside dans la standardisation des publications.

Les formats, les structures de texte et les tournures de phrases se ressemblent et on ne sait plus qui dit quoi.

Progressivement, les contenus deviennent interchangeables. Et ce qui est interchangeable devient invisible.

L’erreur d’interprétation

Face à la baisse de performance, beaucoup d’organisations et de profils ajustent leurs actions en publiant plus, en optimisant les formats et en suivant « de bonnes pratiques »

Mais ces ajustements restent tactiques et ne répondent pas au problème de fond.

Le véritable enjeu : la densité de contenu.

Le problème n’est pas tant l’algorithme (quoi qu’un peu quand même), mais la densité stratégique du contenu. Autrement dit : sa capacité à porter une idée, une lecture, une pertinence.

Ce que cela révèle sur les marques

Ce basculement agit comme un révélateur. Les organisations qui peinent à émerger ne manquent pas de contenu. Elles manquent de ligne directrice sur :

• leur positionnement,
• leur lecture du marché,
• leur point de vue.

Sans cela, la communication devient une production continue… sans impact réel.

Conclusion

La baisse de performance observée sur LinkedIn est devenue un filtre qui distingue les prises de parole opportunistes des marques construites.

L’objectif n’est plus donc d’occuper l’espace, mais de positionner sa présence.

De quoi s’agit il ?

Que serait Apple si elle décidait de changer de nom pour s’appeler Quenette ? Pa menm an grenn sisé ! Traduction : pas un kopeck !
Certes prendre pour exemple la première entreprise du monde en capitalisation boursière peut paraître osé, surtout si l’on a pour auditeurs des entreprises de la Caraïbe. Pourtant petites ou planétaires, les entreprises sont toutes confrontées à la même nécessité de se faire connaître et apprécier de leurs cibles et clientèles et surtout de les fidéliser.
Le digital a été une révolution dans le comportement des consommateurs, en exacerbant leur force de recommandation, de dénigrement, d’amour, de rejet…
Dans un monde où la concurrence va se jouer sur l’image, où les marques doivent incarner un projet clair et partagé avec l’ensemble de ses publics, se pose la question de savoir comment elles vont se distinguer, affirmer leur culture, leur spécificité, leur identité.
Aujourd’hui, il est vital pour les entreprises de toute taille, d’avoir une réflexion sur leurs actifs immatériels (marque, culture, capital humain) et sur la façon de les mobiliser. (Et ça, c’est le rôle majeur de la communication de la marque).

Comment faire ? 

La marque concentre toutes les attentes, tous les désirs, de l’entreprise (interne) et des consommateurs (externe). Or, cet outil, ô combien intéressant, reste souvent dans une appréciation unique, un «one shot», comme si les consommateurs, les concurrents, le marché n’évoluaient pas !
Pourtant l’entreprise doit réaliser au moins tous les cinq ans :
  1. Un Bilan de sa marque (notoriété, image, mémorisation …) auprès de ses clients, mais également des non-consommateurs de la marque et de son public interne (collaborateurs).
  2. Une identification de la cible et du cœur de cible de la marque.
  3. Une étude d’usage et d’habitude de consommation : l’expérience utilisateur (communément appelé UX) étant au cœur de ces analyses.
Et ne pensez pas que cela soit forcément coûteux ! Il peut effectivement s’agir de sondage, mais également d’études qualitatives, plus abordables et plus proches de problématiques de nos petits entreprises.
Les résultats de ces études permettent d’orienter la stratégie de l’entreprise, voire de découvrir de nouvelles opportunités !

Pourquoi faire ?

 
Responsables d’entreprise, ce qu’il faut retenir c’est, qu’au final, nous ne consommons avant tout que des valeurs. Étrange et pourtant, dans un univers de consommation caractérisée par un zapping permanent, les marques doivent se réinventer auprès de leur public.
En effet, la nouvelle génération de consommateurs exprime sa volonté de consommer responsable, durable et éthique : elle fait confiance et est prête à payer pour des marques qui affirment leurs positions et cultivent des valeurs.  En quête de sens dans son mode de consommation, cette génération bouscule les règles du marketing. Le bénéfice est un engagement fort avec un effet d’entrainement des autres générations.
Vous l’aurez compris, il est primordial de construire une stratégie porteuse de sens…
Au final, une marque  devra se démarquer par son originalité, sa culture, la pertinence de ses valeurs, son savoir-faire, mais surtout l’excellente connaissance de ses clients et la relation qu’elle entretiendra avec eux. L’entreprise, mais surtout sa marque, doit renforcer  la singularité de son discours afin d’être cohérent avec l’expérience vécue de ses différents publics.

Auteure

Anne-Emmanuelle ZAMEO
Directrice

Article paru dans le MadinMag d’octobre 2018Ewag.fr

 

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